Notre histoire

Dans les années 1980, un groupe de travail de 28 membres, « Relation Valais-Université », composé de personnalités des milieux économique, scientifique, politique et administratif, commença à se réunir chaque semaine en Valais. Son objectif était d’étudier comment favoriser une activité académique dans la région, à l’image de celle qui s’épanouissait ailleurs en Suisse, sans pour autant créer une université traditionnelle. C’est à cette époque que le groupe découvrit les travaux d’Angelo Dalle Molle, industriel italien visionnaire et inventeur de la célèbre liqueur Cynar.

Une rencontre visionnaire

Angelo Dalle Molle était convaincu que la science et la technologie devaient améliorer la vie des gens et servir l’humanité. Son objectif était d’améliorer la communication, la mobilité et l’environnement, contribuant ainsi à un enrichissement global de la vie humaine et de la société. Il voyait la technologie comme un moyen d’aider les personnes à se consacrer à des activités plus porteuses de sens, en les libérant des tâches purement pratiques.

Pour Dalle Molle, les chercheurs jouaient un rôle fondamental dans la réalisation de cette vision. Il les considérait non seulement comme des experts dans leur domaine, mais aussi comme des généralistes engagés à améliorer la vie des gens et à relever des défis sociétaux plus larges. Sa vision allait au-delà du progrès scientifique : il s’agissait de bâtir une communauté de personnes partageant les mêmes idées, engagées à améliorer la vie de chacun tout en conservant un esprit ouvert.

Inspirée par ces principes, la Fondation Dalle Molle fut créée pour faire progresser les connaissances scientifiques, en mettant particulièrement l’accent sur un domaine alors émergent : l’intelligence artificielle (IA).

De la vision à la réalité

La collaboration entre la Fondation Dalle Molle et « Relation Valais-Université » aboutit à la création de l’Institut Dalle Molle d’Intelligence Artificielle Perceptive (« IDIAP ») en 1991. L’Idiap s’installa à la Villa Tissières, à Martigny, où il commença à développer les activités de recherche qui allaient façonner son identité au cours des décennies suivantes. Sa devise, « L’intelligence artificielle au service de la société », reflète la vision d’Angelo Dalle Molle, qui guide aujourd’hui encore les activités de l’institut. Bien que l’« IDIAP » soit désormais couramment désigné sous le nom d’Institut de recherche Idiap (Idiap), l’institut reste profondément attaché à ses racines historiques.

En 1996, cinq ans après sa création, l’Idiap obtint le statut de fondation indépendante, renforçant ainsi son autonomie institutionnelle. L’année suivante, l’institut célébra la remise de son premier doctorat, une étape importante dans l’affirmation de son rôle dans la formation scientifique de haut niveau.

Construire les outils de demain

Le début des années 2000 marqua une période de forte expansion. En 2001, l’Idiap créa IdeArk, une structure dédiée au transfert des résultats de recherche et des technologies développés à l’institut.

En 2002, des chercheurs de l’Idiap développèrent Torch, une bibliothèque open source de calcul scientifique qui allait devenir un précurseur important de PyTorch. La même année, l’institut gagna en visibilité internationale grâce à ses travaux d’analyse avancée de la parole et de l’audio, notamment l’analyse d’enregistrements d’Oussama ben Laden au moyen de technologies vocales.

Élargir les horizons

En 2007, l’Institut entra dans une nouvelle phase de croissance, tant physique qu’organisationnelle. Il quitta la Villa Tissières pour le Centre du Parc à Martigny, offrant davantage d’espace à une communauté de recherche en pleine expansion. La même année vit la création de Klewel, première spin-off de l’Idiap, une étape importante dans la valorisation entrepreneuriale des recherches menées à l’institut.

En 2009, l’Idiap renforça ses liens académiques avec l’EPFL en s’affiliant à l’école doctorale EDEE de l’EPFL. Cette alliance permit en outre aux chercheurs de l’Idiap d’obtenir des titres académiques et intégra davantage les activités de recherche et de formation de l’institut dans le paysage académique suisse.

L’institut commença également à accorder une place plus importante au dialogue avec le public. En 2010, l’Idiap organisa son premier événement de médiation scientifique et souligna l’importance de promouvoir les femmes dans les sciences. L’année suivante, en 2011, l’Idiap accueillit la première édition de l’Idiap Create Challenge (ICC), anciennement International Create Challenge, un hackathon de neuf jours destiné à encourager l’entrepreneuriat dans l’IA.

Une communauté florissante aujourd’hui

Au fil des années, l’Idiap n’a cessé de croître, posant les bases de l’essor de l’IA qui a suivi. D’un institut de dix personnes à peine, il est passé à plus de 100 collaborateurs en 2017, renforçant ses trois missions fondamentales : la recherche, la formation et l’innovation.

Aujourd’hui, avec plus de 180 collaborateurs, 17 groupes de recherche, une solide équipe R&D et des services administratifs dédiés, l’Idiap continue d’évoluer et de se développer, guidé par un principe constant : l’intelligence artificielle au service de la société.

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